Le mépris de l’État pour la communauté universitaire guyanaise

Valérie Pécresse en Guyane les 14 et 15 février 2011

COMMUNIQUÉ DU SNESUP DE LA GUYANE

Le mépris de l’État pour la communauté universitaire guyanaise


Valérie Pécresse en Guyane les 14 et 15 février 2011

Mme Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, sera en Guyane les 14 et 15 février prochains.

Les enseignants-chercheurs et enseignants de notre pôle universitaire guyanais s’attendent à rencontrer « leur » ministre sur le nouveau campus de Trou Biran, en construction, où se trouvent l’IUFM de la Guyane, bientôt intégré à l’UAG, une partie des infrastructures de l’IESG et de l’IUT, ainsi que l’IUFC, trois composantes de l’UAG (voir ci-dessous pour les sigles).

Nous espérons être consultés sur nos revendications (connues du ministère) et obtenir une réponse à la hauteur de leurs enjeux : car si nous sommes satisfaits des nouveaux locaux modernes et fonctionnels, nous refusons qu’ils restent une coquille vide.

En effet, l’IESG, qui accueille le plus d’étudiants, est confronté à une pénurie de postes d’enseignants-chercheurs : le taux d’encadrement des étudiants y est de 1/37, alors que la moyenne nationale est de 1/23 (source ministérielle). Pour assurer la formation en 2009/2010, l’IESG a eu recours à plus de 12 800 heures complémentaires (= heures supplémentaires d’universitaires titulaires, d’enseignants dans le 2nd degré et autres intervenants extérieurs), soit l’équivalent de plus de 66 postes d’enseignants-chercheurs.

En outre, la forte croissance démographique dans notre territoire ne fait qu’accroître notre retard de développement. Les effectifs d’étudiants sont encore en progression de plus de 10% cette année (voir tableau ci-dessous). Ainsi, entre notre pôle universitaire et les autres universités, les inégalités s’accentuent : inégalité des moyens octroyés, inégalité de la diversité des formations offertes, inégalité des chances des étudiants.

De plus, la plupart de nos bacheliers issus de milieux populaires, parce qu’ils n’ont pas les moyens financiers de partir, poursuivent ici leur cursus universitaire, alors que les plus favorisés peuvent choisir de bénéficier de meilleures conditions dans l’hexagone.

Ainsi, bien que les inégalités de classes et la pauvreté soient beaucoup plus grandes en Guyane qu’outre Atlantique, les possibilités de les réduire par l’ « ascenseur social » des études universitaires sont encore plus faibles ici que là-bas.

Les débouchés existent pourtant ici pour les diplômés, les besoins en cadres supérieurs notamment (dont les enseignants du primaire et du secondaire) sont criants.

Mais les informations sur l’agenda prévisionnel de Mme Pécresse sont de mauvais augure : Mme la ministre passerait l’essentiel de son temps au CSG de Kourou pour le lancement d’Ariane.

Son parcours de quelques heures à Cayenne négligerait l’importance du PUG : pose de la 1ère pierre de la nouvelle bibliothèque, réunion d’1/2 h seulement et sans représentant élu des universitaires ni de leurs syndicats.

De plus, la présentation de la recherche en Guyane est prévue à l’IRD, alors que le PUG a un potentiel de 53 enseignants-chercheurs, ce qui en fait de loin le principal acteur local de la recherche.

Cela déconnecte aussi l’enseignement universitaire de la recherche, alors que c’est justement cette interaction qui fait la spécificité des universités, où l’essentiel de la formation devrait être assuré par des enseignants-chercheurs.

Le SNESUP de la GUYANE dénonce le mépris de l’État pour la communauté universitaire guyanaise, son absence de volonté et d’action pour répondre aux besoins en postes de l’IESG, pour aller vers une égalité entre les territoires et résorber le retard de développement de notre pôle universitaire.

Le SNESUP de la GUYANE appelle la population guyanaise à prendre conscience de cet état de fait, à mesurer l’importance de l’essor de notre pôle universitaire pour celui de notre territoire, à porter toutes et tous ensemble ces revendications pour les concrétiser.

A CAYENNE,
LE 11 FÉVRIER 2011.


COMMUNIQUÉ DU SNESUP DE LA GUYANE

SYNDICAT NATIONAL DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR – membre de la FSU

Mis en ligne par Medialternatif
 13/02/2011
 http://www.medialternative.fr/?le-mepris-de-l-etat-pour-la,3567

Voir aussi

La loi Besson menace la Guyane, menace les droits humains
Article 17 ter, dit « amendement Mariani »

La loi Besson menace la Guyane, menace les droits humains
  TJENBÉ RÈD, association de lutte contre les racismes, les homophobies et le sida, répondra demain 16 octobre à l’appel à rassemblement lancé par le collectif U.C.I.J. (Uni/es contre une immigration jetable), dont elle est membre, contre le projet de loi « relatif à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité », dit « projet de loi Besson », actuellement discuté au Parlement. TJENBÉ RÈD dénonce (...)

Deux jeunes Guyanais mettent gravement en cause un couple de notables cayennais, Michel Monlouis-Deva, podologue, adjoint au (...)