Point Info : Election Haïti (16/12/2010)

Fin de la période de contestation

Alors que le choléra a déjà fait 2 323 morts sur 94 172 cas enregistrés (selon Alter Press), la fin de la période officielle de contestation des élections du 28 novembre vient de se terminer.

La situation post-électorale haïtienne reste bloquée.

L’ancien Président américain Bill Clinton, émissaire spécial de l’ONU pour Haïti, a appelé ce mercredi à la réalisation d’un nouveau comptage "objectif" des procès-verbaux des présidentielles contestées du 28 novembre, une démarche jugée "vitale" dans le cadre du processus de reconstruction post-séisme du pays.

Les déclarations de l’ancien président américain ont été appuyées, ce jeudi, par les propos de l’ambassadeur des Etats-Unis à Port-au-Prince, Kenneth Merten, qui a exhorté les autorités haïtiennes à prendre au sérieux les menaces du sénateur américain Patrick Leahy relatives au gel de l’aide américaine à Haïti.

M. Leahy, président de la sous commission du département d’Etat et des opérations étrangères chargée d’approuver l’assistance américaine à Haïti, préoccupé par les violences post-électorales, avait en effet menacé de suspendre les aides américaines à Haïti si des solutions de sortie de crise n’étaient pas trouvées rapidement (Carib Creole News).

Rappel

La situation post-électorale à Haïti (haiti-info.com) :

Le coût de l’élection a atteint 22,4 millions d’euros, financée par la communauté internationale.

Désorganisation, fraudes et violences ont marqué le scrutin.

Les ambassades des Etats-Unis et du Canada, ainsi que la haute représentante de l’Union européenne (UE) pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, se sont inquiétés de l’écart entre les résultats officiels et ceux du Conseil national d’observation électorale (CNO), dont les principaux porte-parole sont des opposants au président René Préval.

Publiés avant ceux du Conseil électoral en violation de la loi électorale, les résultats du CNO placent le chanteur Michel Martelly, dit « Sweet Micky », en deuxième position, derrière Mirlande Manigat.

En revanche, selon les résultats officiels, les deux candidats qualifiés pour le second tour sont Mme Manigat, suivie de Jude Célestin, le dauphin du président Préval.

Fin de la période de contestation

"Une douzaine de candidats et des collectifs de candidats ont fait acte de contestation des élections du 28 novembre au siège du Bureau Electoral Départemental (BED) de l’Ouest 1, sis à Frères (Pétion Ville), selon un bilan des contestations dressé mercredi en milieu de journée, quelques heures avant la fermeture de la période de contestation de 72 heures."
radiokiskeya.com

Charles Henri Baker (RESPE), par le biais de ses avocats, a exigé l’annulation des élections conformément à la revendication du "Groupe des 12" candidats ayant refusé les résultats des élections, dont il fait partie.

Le Bureau Electoral Départemental avait déjà reçu, dimanche dernier, la contestation du candidat officiel à la présidence Jude Célestin (INITE).

"La majorité des cas de contestation concerne la demande d’annulation de certains centres de vote de la région Ouest II pour fraudes massives dans le cadre du scrutin pour la députation dans certaines circonscriptions", précise le président du BED, Jean Eudes Pierre Jean.

Toujours selon Radio Kiskeya, "six candidats à la députation et deux au Sénat se trouvaient mercredi au BED du Sud-Est pour exiger l’annulation des élections dans ce département et la dissolution du Conseil Electoral Provisoire, Certains d’entre eux réclamant également la démission du chef de l’Etat" alors que "six cas de contestation avaient été enregistrés au deuxième Bureau Electoral Départemental (BED) de l’Ouest sis à la Croix-des-Bouquets, à quelques heures de l’expiration de la période de contestation."

Martelly prédit de nouvelles manifestations

"Si on vient avec de mauvaises solutions, la population va redescendre dans les rues", a déclaré Michel Martelly faisant allusion à la procédure de recomptage des votes annoncée par le Conseil électoral provisoire haïtien (CEP), à laquelle il refuse de participer.

Le candidat à la présidence M. Martelly, qui n’a pas de parti, ne dispose que de très peu de procès-verbaux pour introduire des recours. Il ne fait donc pas mystère de son intention de continuer à utiliser la pression de la rue pour demander l’organisation d’un nouveau scrutin.

Michel Martelly a averti mercredi que la population allait "redescendre dans les rues" si une solution n’était pas trouvée à la crise politique.

Revenant sur sa proposition d’organiser un nouveau scrutin à un seul tour avec tous les candidats, M. Martelly a indiqué qu’il s’agissait à son avis d’"un bon compromis politique pour débloquer le pays et résoudre la crise politique".

"Un seul tour sous la supervision des organisations internationales et nationales, c’est la solution la plus simple à mon avis", avait-t-il déclaré devant la presse ce mardi.

Mis en ligne par Medialternatif
 16/12/2010
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